Droit à la déconnexion : comment encadrer ses collaborateurs ?
Droit à la déconnexion : comment encadrer ses collaborateurs ?

Le droit à la déconnexion est désormais inscrit dans le Code du travail. Vos collaborateurs ont du mal à décrocher ? Adecco vous livre quelques conseils pratiques pour les aider à déconnecter !

Le droit à la déconnexion : qu’est-ce que c’est ?

Le droit à la déconnexion est entré en vigueur le 1er janvier 2017 dans le cadre de la loi Travail. Son rôle ? Permettre aux salariés de décrocher des divers outils numériques (téléphone portable, tablettes…) utilisés dans le cadre professionnel en dehors des heures de bureau, pour restaurer les frontières entre temps de repos et de travail, vie privée et professionnelle.

On vous résume : la loi oblige désormais les entreprises de plus de 50 salariés à aborder le sujet avec les partenaires sociaux lors des négociations annuelles sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie (1). Cela afin de mettre en place des dispositifs de régulation, de formation ou de sensibilisation. À défaut d’accord d’entreprise, l’employeur est chargé de rédiger une charte du bon usage des outils numériques.

Pourquoi donc ? Parce que 37 % des actifs utilisent un ou plusieurs outils numériques en-dehors de leur temps de travail et parce que 62 % des salariés réclamaient une régulation de l’usage (2).

Pourquoi certains collaborateurs ne déconnectent pas ?

Ils répondent à un message au milieu du dîner, s’investissent à 200 % dans leurs dossiers et se sentent perdus sans un écran à portée de main : dans un monde hyperconnecté, efficacité rime avec réactivité. Le hic ? Rester sur le qui-vive empêche de faire le vide. Or le lâcher-prise est essentiel à l’équilibre mental, donc à l’efficacité. En résumé, un collaborateur performant est un collaborateur reposé, serein et apaisé. D’où l’utilité des nuits, des week-ends et des congés !

Un employé toujours connecté est incapable de récupérer et peut filer droit vers le burn-out, comme 12 % des actifs français (3). Mais d’ailleurs, pourquoi diable refusent-ils obstinément de déconnecter ? Les raisons sont diverses :

  • une surcharge de travail et l’impossibilité de tout caser dans une journée ;
  • l’ambition et le besoin d’avancer, de faire ses preuves, d’être valorisé ;
  • une insécurité dans l’entreprise, suite à des changements cruciaux d’encadrement ou d’organisation ;
  • une pression trop importante de la part d’un supérieur ou des objectifs inatteignables ;
  • la culture de l’immédiateté, glorifiant la réactivité ;
  • la précarité du poste occupé ;
  • l’intransigeance de certains clients exigeants des délais de réponse très courts.

De l’importance de sensibiliser au droit à la déconnexion

Le droit à la déconnexion, vous êtes d’accord. Mais concrètement, que faire ? Si votre entreprise dépasse les 50 salariés ou si la cause vous motive, anticipez !

  • Organisez des formations au sein de l’entreprise. Rien de tel pour sensibiliser vos collaborateurs à la problématique, même ceux qui s’estiment miraculeusement épargnés.
  • Régulez l’usage des outils numériques, en adaptant les règles à votre métiers : les smartphones et ordinateurs pros doivent rester au bureau en-dehors des heures de travail, par exemple ! Autre moyen radical mais efficace : certaines entreprises ont d’ores et déjà choisi de couper les serveurs la nuit pour empêcher la connexion à distance ou bannir la réception d’e-mails professionnels en dehors des heures ouvrées.
  • Prévoyez des astreintes si votre métier exige une intervention rapide du personnel : c’est mieux que de laisser toute une équipe sur le qui-vive !
  • Raisonnez vos clients. Établissez des horaires stricts lors desquels une intervention est possible. Le reste du temps, résistez fièrement à l’envahisseur !
  • Montrez l’exemple ! Déplacez-vous pour parler à vos équipes plutôt que d’envoyer des e-mails. N’appelez pas en-dehors des horaires de bureau et ne répondez pas à vos messages. Réclamez la même exemplarité de la part de vos managers ou chefs d’équipe. Enfin, savourez sans limites le calme numérique qui s’ensuit !

Comment s’organiser pour mieux déconnecter ?

Le droit à la déconnexion n’a rien d’une révolution. Rangez les bonnets phrygiens, il s’agit simplement d’une question de bon sens : mettre en place des bonnes pratiques améliore la qualité de vie, les rapports entre les collaborateurs et même la productivité.

  • Échangez. On ne le répétera jamais assez, la communication est la clé : provoquez la discussion avec les collaborateurs pour identifier une pression trop forte, un client trop exigeant, un stress trop important…
  • Assurez une répartition équitable du travail, pour éviter que certains salariés ne soient surchargés. Et si vous repérez un déséquilibre, agissez aussitôt : réorganisez vos équipes, recrutez ou formez les employés pour augmenter leur efficacité.
  • Ajustez les méthodes de travail afin qu’une absence ne mette pas l’équipe à l’arrêt : la charge d’un salarié doit pouvoir être suspendue pendant ses congés, ou assurée par un collègue. Plan B ? Trouvez un remplaçant !

Le droit à la déconnexion, un atout pour l’entreprise ? Chez Adecco, on dit oui ! Essentielle à l’équilibre, la coupure numérique permet de retrouver une limite entre vie privée et professionnelle… avec souplesse. Plus de bien-être, moins de burn-out, plus de productivité. Qui dit mieux ?

(1) Service Public, Droit à la déconnexion : quoi de neuf pour les salariés ?
(2) Ministère du Travail, Le droit à la déconnexion fait son entrée dans le code du travail
(3) Le Figaro, Près de deux salariés sur dix sont au bord du burn-out

Crédit photo : Pexels / Wendy Hero

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