Patients non communicants : comment établir un échange ?

La communication est la clé de voûte d’une bonne relation soignant-soigné. Mais comment créer un échange lorsque le patient est dans l’incapacité de parler, ou qu’il n’est pas en mesure de comprendre ? Qu’il s’agisse de communication verbale ou non verbale, des méthodes existent pour construire des échanges avec des patients non communicants.

Patients non communicants : qui sont-ils ?

Pour établir une communication verbale, il faut une personne émettrice – en l’occurrence, le professionnel de santé – et une personne réceptrice – le patient. Pour qu’il y ait échange, le récepteur doit pouvoir interagir avec l’émetteur et lui renvoyer une réponse à la fois compréhensible et cohérente. Ce qui nécessite un socle commun, à partir duquel le soignant peut évaluer la douleur et le besoin. Or, chez les patients non communicants, ce socle n’existe plus. Cela concerne notamment :

En somme, les patients non communicants sont « les personnes qui n’ont pas les moyens pour se faire comprendre » en milieu de soins ordinaire, comme le précise Charlotte Delmouly, psychologue clinicienne. Cette incapacité se matérialise à plusieurs niveaux : absence de réponse quand l’émetteur formule une question ou tente d’informer le patient, incapacité physique à répondre, méconnaissance du degré de perception ou de compréhension, etc.

Comment communiquer avec un patient non communicant ?

Pour échanger avec des patients non communicants, certaines astuces sont à connaître. Le premier réflexe à avoir ? « Essayer de savoir si la personne vous comprend et trouver un canal de communication qui fonctionne. Pour cela, l’observation est essentielle », indique Charlotte Delmouly. Autrement dit, il est crucial d’évaluer le patient, de l’observer pour le comprendre et déterminer quel est le bon canal à utiliser. Celui-ci peut être verbal ou non-verbal.

La communication verbale

Si une communication verbale peut s’établir, celle-ci doit être adaptée au patient : ralentissement du débit, modulation de la tonalité de la voix, utilisation de phrases simples, reformulation des propos autant de fois que nécessaire... Si le soignant et le soigné disposent des mêmes codes langagiers, la communication est facilitée. Si une communication bidirectionnelle est impossible, le soignant peut s’appuyer sur la méthode de l’auto-feedback en pratiquant le monologue et en décryptant les réactions du patient.

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La communication non verbale

La communication doit être non verbale ? Sachez que la voix n’est pas la seule manière d’entrer en contact avec les patients non communicants : le regard et le toucher sont des modes d’interaction qu’il ne faut pas négliger.

  • La pratique du regard intentionnel permet de rentrer en relation et de transmettre des émotions et des messages, tout comme le simple fait de sourire.
  • Le toucher est aussi un moyen de communiquer, notamment à travers le concept de « prendre soin ».

D’autres éléments relevant du langage du corps ont leur importance. La proxémie, distance entre le soignant et le soigné, en est un bel exemple. Et si la réponse des patients non communicants est plus difficile à déchiffrer dans un tel contexte, c’est avant tout une question d’habitude, de sensibilité et de persévérance !

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Pour les professionnels de santé, échanger avec un patient non communicant n’est pas une mission impossible : quand la communication verbale ne fonctionne plus, c’est le langage du corps qui prend le relais. Mais la technique ne suffit pas, comme le souligne Charlotte Delmouly : « Le moteur de la communication avec les patients en déficit de communication, c’est la volonté du personnel soignant d’entrer en relation avec la personne dite non communicante ! »

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