Heures supplémentaires : à utiliser avec ou sans modération ?

En période d’augmentation d’activité ou plus régulièrement dans l’année, vous avez recours aux heures supplémentaires, comme beaucoup d’autres employeurs ? Bonne nouvelle : leur défiscalisation partielle, en vigueur depuis le 1er janvier 2019 pourrait bien motiver vos salariés à les effectuer. Reste à voir si ce levier de productivité se révèle gagnant à tous les coups.

Les heures supplémentaires font du zèle

Au troisième trimestre 2018, les salariés ont réalisé en moyenne 10,7 heures supplémentaires .

Un indicateur en hausse depuis quelques années, et auquel contribuent notamment les secteurs de l’hébergement et de la restauration (21,7 heures), des transports et de l’entreposage (20,9 heures) et enfin, de la construction (19,9 heures).

À noter que ces résultats ne prennent pas en compte les heures complémentaires, c’est-à-dire celles effectuées par les salariés embauchés à temps partiel, au-delà de leur temps de travail contractuel. Pour rappel, elles ne peuvent dépasser 1/10e (ou 1/3 dans certains cas) du temps de travail contractuel ni porter le temps de travail du salarié à hauteur de la durée légale ou conventionnelle de travail dans l’entreprise.

Les heures supplémentaires par salarié sont elles aussi limitées : 220 heures par an au maximum (sauf en cas de disposition conventionnelle différente ou de contrepartie sous forme de repos compensateur).

Heures complémentaires et supplémentaires se distinguent de plus, par leur taux de majoration :

  • - 10 % minimum pour les heures complémentaires (ou 25 % pour les heures réalisées entre 1/10e et 1/3 du temps de travail contractuel), sauf accord de branche plus favorable ;
  • - 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires et 50 % pour les suivantes, sauf majoration conventionnelle différente (ne pouvant pas être inférieure à 10 %). Sous conditions , cette rémunération peut être remplacée tout ou partie par un repos compensateur équivalent.

> À lire aussi : Quelles composantes inclure dans son budget RH ?

La défiscalisation des heures supplémentaires et complémentaires en 2019

Depuis le 1er janvier 2019, les heures supplémentaires font l’objet d’une réduction de cotisations salariales. Une récente instruction interministérielle de la Direction de la Sécurité sociale vient d’en préciser les modalités d’application qui demeuraient encore floues.

Cette réduction correspond à la somme des taux de cotisations retraite de base et complémentaire dont est redevable le salarié sur ses heures travaillées en plus. Si son salaire dépasse le plafond de la Sécurité sociale, le taux de réduction applicable est alors le taux moyen de retraite de base et complémentaire, dans la limite de 11,31 %.

Autre avantage pour les salariés : leurs heures supplémentaires et complémentaires sont désormais exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 5 000 € par an.

Optimiser les heures sup’ : y avez-vous pensé ?

Si ces évolutions fiscales profitent essentiellement aux salariés, elles aident aussi indirectement les entreprises qui pourront peut-être négocier plus aisément l’augmentation du temps de travail de leurs collaborateurs.

Les heures supplémentaires restent toutefois un levier à manier avec précaution. Une maîtrise insuffisante de leur volume peut en effet être particulièrement coûteuse pour l’entreprise.

Solliciter ses propres salariés en cas de rush d’activité peut paraître de prime abord naturel et performant : ils n’ont pas à être formés, connaissent le fonctionnement de l’entreprise et peuvent être très réactifs. Pour autant, flirter avec la limite de votre contingent annuel d’heures supplémentaires comporte certains écueils : alourdir un poste de dépenses conséquent, mais aussi peser sur l’efficacité, voire la santé de vos salariés en augmentant leurs risques d’accident du travail ou de trajet, d’absentéisme ou même dans certains cas, d’épuisement.

Il est donc important d’analyser précisément vos motifs de recours aux heures supplémentaires, pour envisager éventuellement des solutions alternatives ou complémentaires :

  • - votre entreprise connaît-elle des pics d’activités prévisibles ou au contraire imprévus ?
  • - votre activité a-t-elle changé d’échelle, impliquant un volume récurrent d’heures supplémentaires ?
  • - votre équilibre actuel entre rémunération et repos compensateur est-il optimal ?
  • - est-il opportun ou non, de mensualiser les heures sup’ de vos collaborateurs ?

Autant de questions qui peuvent vous amener à changer certains de vos modes d’organisation du travail et de gestion du personnel, voire à envisager d’embaucher.

> Les pôles de compétences partagées, pour recruter autrement nos nouveaux talents, vous connaissez ?

Besoin d’être accompagné pour repenser votre stratégie RH, et envisager les différentes possibilités de faire face au rythme de votre activité ? Nous vous aidons à élaborer différents scénarios combinés, adaptés à vos projets : intérim, salariat partagé, CDI, CDD ou encore contrat d’apprentissage.

Quartiers prioritaires : des réservoirs de talents à recruter (part.1)

Face à des besoins de recrutement de plus en plus difficiles à satisfaire, nombreux sont les employeurs qui n’hésitent plus à réaliser un sourcing actif auprès des candidats résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Une tendance qui s’explique en partie par une employabilité croissante de leurs jeunes candidats à l’emploi, soulignée par l’Observatoire national de la politique de la ville dans son dernier rapport.

Intelligence émotionnelle : un nouveau test indispensable au recrutement

L’intelligence émotionnelle, vous connaissez ? Il s’agit de l’une de ces fameuses compétences douces (ou « soft skills ») qui confèrent une forte valeur ajoutée professionnelle, au-delà des seules compétences techniques. Une personne dotée d’intelligence émotionnelle est ainsi capable d’identifier les émotions, chez elle comme chez autrui, et d’élaborer une réaction appropriée. Des aptitudes dont l’évaluation s’avère essentielle lors du recrutement.

Recruter en alternance : une stratégie RH porteuse de sens

En janvier 2019, près de 263 000 salariés travaillaient sous contrat de professionnalisation, et presque 450 000 sous contrat d’apprentissage (1). Des chiffres qui augmentent significativement : depuis 2017, on enregistre une évolution de + 16 % pour les contrats de professionnalisation, et de + 7 % pour l’apprentissage. L’alternance séduit donc de plus en plus les employeurs à la recherche de nouveaux talents… et pour de bonnes raisons  !

Category

Décryptages
Confirmez que vous n'êtes pas un robot en recopiant le texte que vous voyez dans l'image