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Accidents en entreprise : bien les connaître pour mieux les prévenir

Le travail, c’est la santé ? Pas pour tous malheureusement… Selon le rapport de l’Assurance Maladie – Risques professionnels , près de 633 000 accidents du travail sont survenus en 2017, auxquels il faut ajouter plus de 92 000 accidents de trajet. Une tendance qui s'est poursuivie en 2018 avec +2,9% d'accidents du travail. Derrière ces chiffres globaux, différentes réalités en fonction des secteurs d’activité, et autant de solutions pour penser prévention.

[Mis à jour en juin 2019]

Les chiffres en matière d’accidents du travail : restons vigilants !

Le nombre d’accidents du travail (AT) a certes légèrement augmenté entre 2016 et 2017 (+1,1 %), mais cette évolution tient surtout à la croissance globale des effectifs salariés pendant cette période. En moyenne, la tendance est toute autre puisque la fréquence des accidents du travail n’a jamais été aussi basse : elle a atteint en 2017 un taux historique de 33,4 accidents pour 1000 salariés (alors qu’elle était de 120 accidents pour 1000 salariés en 1946…). En 2018, le nombre d’accidents du travail est en légère augmentation avec 651 103 nouveaux sinistres reconnus (+ 2,9 % par rapport à 2017).

Ces données moyennes cachent toutefois de fortes disparités. Certains secteurs pèsent en effet plus particulièrement sur la diminution des accidents. Le BTP, notamment, connaît une réduction continue de ses AT depuis 20 ans, et affiche en 2017 une baisse supplémentaire de 3 % (avec une fréquence qui est tout de même encore de 56,8 accidents pour 1000 salariés).

Mais à l’inverse, d’autres secteurs enregistrent une augmentation assez significative de sinistres, à la fois en 2017 et 2018, en particulier les services à la personne (services de santé, action sociale) et l’intérim : une évolution qui s’explique autant par la croissance de leurs effectifs que par l’aggravation de leur exposition aux risques…

Par ailleurs, on observe qu'après "3 années de baisse, le nombre de maladies professionnelles nouvellement reconnues augmente légèrement avec 49 538 cas reconnus (+ 2,1 % en 2018)." 

Enfin, une récente étude de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail pointe un autre écart notable, cette fois entre les femmes et les hommes : de 2001 à 2016, le taux d’accident du travail des femmes salariées a augmenté de 30,5 %, alors que celui des hommes salariés a baissé dans la même proportion (-29 %)…

Des accidents de trajet qui prennent de la vitesse…

Quelles sont aujourd’hui les principales causes des accidents du travail ? (chiffres 2018)

  • La manutention manuelle (50 %) ;
  • les chutes, de plain-pied (16 %) et de hauteur (12 %) ;
  • la manipulation d’outillage à main (8 %) ;
  • agressions (y compris par des animaux (3%) ;
  • les accidents routiers (3 %).

Un autre type d’accidents concerne tout autant l’entreprise : les accidents de trajet , entendus comme survenant à l’occasion des déplacements « domicile-travail » et « travail-lieu de restauration ». Ils sont comptabilisés distinctement par l’Assurance Maladie - Risques professionnels, qui en recense 92 741 en 2017 (soit près de 6,5 millions de jours d’arrêt de travail indemnisés). Parmi eux, 60 % sont directement liés au risque routier : accident automobile ou de deux-roues motorisés.

Les accidents de trajet ont connu une forte évolution depuis 2014 (+7 %), et ont encore progressé de 4,3 % entre 2016 et 2017. En 2018 encore, le nombre d'accidents de trajet à augmenté de + 6,9 %. Comment expliquer cette évolution ? Ses causes ne sont pas complètement objectivées, mais le stress, le manque de sommeil, les conditions de circulation de plus en plus difficiles ou bien l’usage du téléphone au volant y participent très certainement. Les conditions climatiques sont aussi souvent la cause d'accidents.

En 2012 déjà, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés soulignait l’importance de mieux sensibiliser les employeurs et leurs collaborateurs au risque trajet, dans un livre blanc dédié à cette problématique . Elle recensait à cet effet plusieurs leviers d’action, qui méritent d’être revisités :

  • l’ouverture au télétravail et à la flexibilisation des contraintes horaires des salariés ;
  • le développement de services de proximité pour réduire les déplacements évitables (restauration, crèches, conciergeries d’entreprise, salles de sport…) ;
  • l’encouragement de l’éco-conduite et du covoiturage ;
  • la promotion de la sécurité au volant ou au guidon

Autant de pistes d’évolution dont la mise en œuvre relève directement de la responsabilité sociale des entreprises, et pourrait pertinemment être articulée à l’élaboration de leur plan de mobilité (PDM).

Pour faire face à ces accidents, l'Assurance Maladie et l'Etat ont mis en place en 2018 plusieurs actions :

- Poursuivre les actions de prévention ciblées sur les risques et les secteurs les plus touchés 
- Soutenir les TPE-PME et développer la culture de prévention
- Des programmes d’action en faveur de la santé publique et de la santé au travail
- Renforcer les services en ligne

Retrouvez tout le détail de ces actions sur le site de l'Assurance maladie


>> Le plan de mobilité (PDM) : une autre façon de penser le bien-être des salariés

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